Les Cercles Condorcet sur Médiapart

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Le site du journal Médiapart accueille plusieurs milliers de Blogs (animés par une personne) et d’Editions (animées par plusieurs personnes ou des associations). La Ligue de l’enseignement anime une Edition sobrement intitulée « Laïcité » https://blogs.mediapart.fr/edition/laicite Lancée en septembre 2009, elle est une des plus anciennes et propose plus de 400 articles sur tous les aspects de la laïcité. Lancée sous la houlette de Michel Cabirol, président du comité de liaison des Cercles, nous disposons désormais d’une Edition « Les Cercles Condorcet » https://blogs.mediapart.fr/edition/les-cercles-condorcet L’idée est de disposer d’une fenêtre sur un média bien consulté. Elle ne fait pas double emploi avec le présent Portail des Cercles. Celui-ci nous permet de travailler ensemble grâce à plusieurs fonctionnalités.  Un calendrier des initiatives  est déjà bien utilisé, mais pas encore par tous les Cercles. Nous pouvons également lire des articles émanant de Cercles ou les concernant. Nous souhaitons relancer l’espace intranet. Si cet espace est régulièrement utilisé, il sera une base de discussion fructueuse.

L’objectif de l’édition « Les Cercles Condorcet » est différent. Il s’agit de permettre une visibilité accrue de nos travaux et de notre existence en tant que réseau national au sein de la Ligue de l’enseignement. Evidement des textes présentant des initiatives ou des analyses peuvent se retrouver à la fois sur le Portail, dans l’Edition et même sur un des blogs animés par certains Cercles. Leur circulation est en soi une bonne chose. Les derniers articles mis en ligne renvoient à des textes de Michel Cabirol, de Bernard Wolfer et de Philippe Nottin. Une présentation de l’opus de Gérard Noiriel « Une histoire populaire de la France » invite à l’approfondissement de nos travaux…

Quelques réflexions sur le temps présent

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Bernard Wolfer
Président du Cercle Condorcet de Paris

Là pas d’espérance, Nul orietur. Science avec patience, Le supplice est sûr.
Elle est retrouvée.Quoi ? – L’Éternité. C’est la mer allée Avec le soleil.
Arthur Rimbaud,
Derniers vers

Il arrive rarement que nous ayons l’expérience du temps présent comme le seul qui soit réel…

Le passé récent parait si loin, l’avenir si incertain. Un simple virus met à mal l’humanité, ses repères, ses habitudes, ses modes de pensée. Les humains, si puissants, si sûr d’eux face à la nature sont rappelés au fait qu’ils en sont une part, que leur distanciation supérieure à cette « nature » ne sera jamais aboutie. Nulle vengeance de celle-ci. Simple retour à notre état de nature.

Il y a quelque chose de juste dans notre appréhension du temps. Seul le temps présent compte. Le passé n’est que récit, le futur n’est qu’invention et construction.

Mais nous avons du mal à nous y faire car nous cherchons toujours à échapper au temps présent, à nous projeter en avant. Malaise dans la civilisation, disait Freud : un combat entre la pulsion de vie et celle de mort. Le Covid-19 serait-il freudien?

Mais comment sommes nous arrivés là? 

La surprise devant cette pandémie est totale. La représentation de son début en Chine, à Wuhan, ressemblait à une mise en scène de film catastrophe. Elle étonna, avec ces soignants en scaphandres, les rues désertes, la construction d’hôpitaux en dix jours, des décors presqu’extra-terrestres. Mais c’était loin. Pourtant les premiers cas étaient déjà en Europe. Nous les avons ignorés : ils venaient de Chine…

Il a fallu peu de jours suivants pour que les premiers cas « français » se déclarent et nous alertent. Et quelques (nombreux) jours aussi pour réagir, prendre conscience de la réalité, à tous les niveaux, politiques, médicaux comme citoyens. Le coronavirus allait sévir. Des jours de trop sans doute : le temps présent était à autre chose, les retraites, les élections, etc. Alors qu’il eut fallu tester (des tests existaient depuis fin janvier), isoler, couper les chaînes de transmission, cartographier les zones de contamination, les déplacements prévisibles…

On s’est laissé surprendre : le rassemblement évangélique de Mulhouse, qui a servi de propulseur au virus, en est la caricature. L’ignorance, partagée par le plus grand nombre, de la possibilité d’extension de cette épidémie a révélé une ignorance encore plus grave, celle de la possible survenue d’une telle épidémie.

Car nous savions. Après la crise de la Vache folle, des comités d’experts indépendants ont été mis en place, des agences, également indépendantes, construites, dans chaque État et au niveau européen pour suivre et donner des avis sur les risques sanitaires, en particulier des zoonoses, maladies dont les animaux sont des réservoirs (l’OMS parle de maladies dont les agents circulent entre humains et animaux). La grippe aviaire, puis les SRAS, Ebola, enfin la grippe H1N1, dite parfois porcine, ont été des terrains d’expérience de ces pandémies. Bien maîtrisées pour l’essentiel, parfois avec un peu de chance : la grippe aviaire pouvait être jugulée par le tarissement de sa source, les volailles, et une faible réceptivité humaine, la grippe H1N1, par un vaccin, mais aussi parce qu’une bonne partie des populations était déjà immunisée par un virus plus ancien et proche. Les mesures et procédures mises en place pour cette dernière étaient sans doute inutiles (et elles furent jugées telles parce que coûteuses…), dans ce cas, mais pas pour les raisons qui ont été retenues. Par une mauvaise appréciation de la réalité, on a abandonné la vigilance et les procédures d’alerte et de précaution. On a oublié que s’il n’avait pas été nécessaire de les utiliser alors, il restait nécessaire de les garder pour le moment où une épidémie se transmettant rapidement entre humains apparaîtrait. On est revenu dans la routine du soin, négligeant la prévention et la précaution. Pas seulement en France. Les agences et les comités d’experts sont devenus des administrations comme les autres, ce qu’on avait voulu éviter après 2000.

Dès les années 2005 et après, de nombreux experts, vétérinaires, épidémiologistes, virologistes ont attiré l’attention sur la grande probabilité que de nouvelles pandémies, graves, apparaissent, avec des virus ou bactéries portées par des animaux. Des zoonoses, donc. Les coronavirus ont été signalés comme l’une des sources les plus probables, et leurs origines chinoises comme les plus certaines. Non parce que la Chine serait un territoire à risque en elle même, mais parce que l’extension de cultures et de contacts au dépens de la faune sauvage (notamment les chauves souris), encore fréquente dans certaines régions, rendait la transmission la plus certaine. Celle-ci a pu être accrue par la consommation d’animaux sauvages dans des conditions sanitaires non surveillées, en particulier sur des marchés qui vendent des animaux vivants venant du monde entier sans aucun contrôle.

Une surprise par ignorance volontaire

La survenue de cette épidémie, devenue pandémie planétaire, n’était pas prévisible au sens habituel : à telle date, et avec telle ampleur. Mais on pouvait se préparer, avec non seulement des systèmes d’alerte rapide, mais aussi avec des procédures de réaction appropriées. La Chine semble avoir mis plus de deux mois pour reconnaître et déclarer cette pandémie, au moment où elle mettait en place sa politique de confinement. Elle avait d’abord essayé de cacher ou minimiser la maladie.

Mais on ne peut pas rejeter l’entière faute sur la Chine et son système sanitaire défaillant.

Les pays riches et développés ont fait reposer leurs réactions sur des systèmes de santé efficients mais essentiellement compétents dans le soin. Or cette épidémie ne se soigne pas, ou pas encore. Inconnue il y a encore six mois, elle reste mystérieuse en bien des aspects.

Par contre, les mécanismes de transmission des virus sont assez bien connus, par les médecins spécialistes, mais aussi par les vétérinaires souvent plus spécialistes encore. D’un point de vue sanitaire, dans ce cas comme dans beaucoup d’autres, passés ou à venir, la réaction première doit être d’éviter la transmission, donc de couper au maximum les chaînes de transmission qui ici passent par l’homme. Avant même d’avoir à soigner.

Donc déclarer très tôt, tester, cartographier les progressions, puis mettre aussitôt en place des procédures d’évitement efficaces. Ce sont celles-ci qui peuvent être prévues, à l’avance. Et donc inscrites dans des plans, avec des compétences acquises et avec des moyens suffisants mobilisables rapidement, connus à l’avance et acceptable par les populations car expliqués dans des politiques de prévention. La malheureuse histoire des masques comme celle des tests est le résultat de cette absence de plans de mobilisation, eux-mêmes résultat de l’ignorance volontaire de beaucoup.
Cela n’aurait sans doute pas empêché complètement cette pandémie. La puissance des hommes n’est pas divine! Mais de telles procédures de prévention auraient eu le mérite de savoir comment agir et de responsabiliser le plus grand nombre, par la connaissance des enjeux. Donc d’aller beaucoup plus vite et peut-être d’éviter des confinements généraux, de régionaliser la lutte.

Au lieu de cela, la peur, l’isolement, l’impuissance et une certaine confusion

Pris à revers, sans parade connue ou de consensus sur les méthodes à employer, les politiques ont gouverné l’urgence avec plus ou moins de bonheur ou de chance. Il est probable que l’on apprendra que peu ont failli dans leurs devoirs, mais aussi qu’aucun ne savait bien comment s’y prendre. Par manque d’anticipation.

La pratique de l’isolement ou du confinement n’est pas en soi une mauvaise chose. C’est même dans la pratique médicale une nécessité pour éviter les contagions. Donc le choix de cette méthode était nécessaire. Cependant, plus qu’une méthode médicale (ou vétérinaire, car en la matière ceux-ci ont une pratique souvent supérieure quand il s’agit de traiter des populations et non des individus) elle est apparue comme une pratique sociale et politique, générale et contrainte, guidée par des pouvoirs nationaux (ou parfois régionaux) qui n’avaient plus d’autres moyens pour tenter d’endiguer l’extension de la maladie et la probable submersion des systèmes de santé.

Dans ces conditions le confinement général s’est imposé à des sociétés et à des économies habituées aux échanges, aux déplacements, réduisant les mobilités à peu de choses, la production à un essentiel collectif, les échanges à presque rien, sinon pour s’alimenter et donc survivre.

Que peuvent ressentir les citoyens et les peuples confinés, sinon l’isolement et la peur des autres, la peur d’être contaminés eux aussi. Sans être acteurs autrement que par leur isolement qui seul témoigne de leur solidarité. C’est la nature même d’un confinement général, dont la Chine a donné l’exemple dès le début, et que nous n’avons fait que suivre.

La confusion naît curieusement de cet ordre ainsi créé, car il n’associe pas, il ordonne, teste, isole ou soigne, sans aucun consentement sauf éventuellement celui de la peur. Confusion entre l’individu à protéger ou à soigner et la collectivité à protéger en la réduisant à l’immobilité et aux distanciations sociales. Ce qui fait la société, les relations, le travail, les rapports économiques est mis à l’arrêt, suscitant à l’évidence une crise économique et bientôt peut-être sociale jusqu’ici jamais connue. Les repères acquis sont inopérants, les gestes habituels sont interdits, conduisant à une méfiance de tout et de tous, y compris de ceux qui donnent ces ordres : font-ils bien? Ont-ils raison? Le sacrifice de nos libertés est-il juste?

Confusion aussi, car si tous sont soumis à la règle, elle ne s’applique pas dans d’égales conditions, révélant ainsi les inégalités sociales et économiques de nos sociétés. Logements, revenus, travail : rien n’est pareil, alors que le confinement réduit la vie au logement, supprime des revenus et empêche le travail dans bien des cas. Confiné à quatre dans un petit logement, en chômage partiel ou complet, loin des commerces essentiels ne peut être confondu avec confiné dans un grand appartement sans perte de revenu se faisant livrer ou servir.

Enfin les politiques, surpris et ignorants, se retranchent pour l’essentiel derrière des avis d’experts
pour gérer la crise sanitaire, lesquels ne sont pas mieux préparés qu’eux, pour la plupart, à la gestion d’une telle crise. Tout citoyen normal ressent, comprend les incertitudes, les failles qui jalonnent la mise en place de la politique sanitaire : insuffisance des lits de réanimation en cas d’explosion des contagions, faible nombre de masques et d’équipements, même pour les soignants, faible capacité à tester, méconnaissance des traitements possibles, au point que l’expérimentation se fait au jour le jour, avec des déclarations contradictoires (Raoult et quelques autres).

Le capitaine a-t-il les instruments de navigation nécessaires pour naviguer dans la tempête? Il est pour le moins légitime de se poser des questions à la vue des déclarations successives. D’autant plus qu’il laisse à penser, qu’après consultation des experts, il décide seul.

S’il faut retenir une conclusion majeure : une telle pandémie ne se gère pas par le soin, fut-il excellent, mais par la prévention. Tout retard en la matière, toute impréparation se paie par les soins. C’est ce que nous vivons aujourd’hui.

De l’insouciance de nos sociétés riches

Cette épidémie frappe des pays riches, y compris la Chine là où elle est touchée : Wuhan, une ville monde. Nos sociétés sont arrivées, pour la première fois de l’histoire, à un stade d’abondance de biens. Bien sûr, cela ne concerne que 70 à 80% des populations de nos pays, mais c’est beaucoup. Et le degré de pauvreté qui sévit encore chez nous est relatif, comparé à celui des pays moins développés. Ceci fait régner dans nos sociétés un sentiment d’insouciance face aux risques de santé, d’environnement, de mobilité, d’accès à l’essentiel des biens. L’esprit consumériste domine, encouragé par un monde d’entreprises qui mets ces biens à disposition par l’intermédiaire des réseaux qu’il a construit : les GAFA, en particulier, mais pas seulement. Le téléphone mobile est un exemple phare, répandu dans le monde entier. La plupart d’entre nous ignore ou oublie comment sont fabriqués nos biens, ce qu’ils contiennent d’extraction de matières premières, d’exploitation de travail humain, de certaines pollutions de notre planète. Si l’on s’inquiète de plus en plus du réchauffement climatique, de certains polluants (plastiques, diesel, etc.), cela ne change que modérément notre façon de vivre : il faut reconnaître que ce n’est pas simple.

Nous avons perdu le sens de la mesure, et consommons sans retenue, sans limites. Cette crise va-t-elle nous changer? C’est loin d’être certain. Il demeure, semble-t-il dominante, la pensée que les hommes, par leurs sciences et leurs techniques, seront capables de continuer à maitriser la nature et ses soubresauts.

D’une certaine façon, la réaction des gouvernements est à l’aune de cette volonté d’insouciance générale : il faut éviter le plus possible l’impact de cette épidémie sur les populations. Il y a cent ans la grippe espagnole tuait 50 millions de personnes (chiffre estimé, dans un monde bien moins peuplé qu’aujourd’hui, mais plus élevé que les pertes de la Première Guerre mondiale). La grippe asiatique des années 69/70 a tué plus de 30 000 personnes en France sans que cela mobilise les autorités et fasse cesser l’économie. Il est vrai que c’était une grippe, dont on connaissait les modalités, et dont l’essentiel des mortalités étaient ailleurs. Le Covid-19 est un nouveau virus se diffusant rapidement, en particulier parmi les concentrations urbaines « riches ». L’insouciance volontaire exclut qu’il puisse y avoir une tolérance à la diffusion de cette maladie : il faut d’autant plus agir contre elle qu’elle peut rompre notre croyance en une vie de plus en plus exempte de tracas en tout genre !

Cette représentation de la valeur de nos vies présentes est nouvelle : il n’y a guère d’exemple connu. Même la notion de guerre utilisée pour son combat est inadéquate : par la guerre, on est prêt à sacrifier une partie de la population pour sauver l’ensemble. Là, on veut sauver tout le monde au risque de détruire une partie de l’économie et des structures sociales. C’est une inversion de doctrine.

Pourtant, le doute est installé. Mais que restera-t-il quand cette pandémie sera vaincue, ce que nous espérons. Pensera-t-on à la prochaine? Aux effets du réchauffement, à la fonte des glaces, aux étés caniculaires (soulagés par de la climatisation, comme dans les États américains)?

La crise va venir, économique, sociale, dure et peut-être violente. On pensera sans doute davantage aux plaies à panser, aux emplois à recréer, comme avant, au retour de nos mobilités tant désirées.

L’ampleur de cette crise est déjà là, inédite, touchant de nombreux secteurs de production et de consommation. Des dizaines de millions de chômeurs, des faillites d’entreprises, même solides jusqu’alors.

Revenir à l’insouciance gagnée par nos peuples riches? Parfois au dépens des autres? Produire et consommer comme avant?

Peut-être faudrait-il aller vers une certaine « souciance » du monde, se préoccuper de nos environnements, de nos comportements consuméristes et individualistes, des inégalités criantes qui risquent de s’accroître, alors que l’on sait que la réduction des inégalités est un facteur de développement.

L’économie, le social et l’environnement, un encastrement nécessaire pour sortir de la crise?

Le rapport Bruntland (Nations Unies 1967), le club de Rome (1972) puis le rapport Wade (Unesco 1973) nous alertaient, nous montrant que nous n’avions qu’une seule terre et qu’il fallait sérieusement la ménager et avec elle, les humains, pour parvenir à un développement soutenable.

Trois piliers, économique, social et environnemental sont depuis considérés nécessaires pour laisser à nos suivants une terre vivable, mais aussi pour vivre mieux nous-mêmes. Cinquante ans ont passé, et nous en sommes encore aux préparatifs.

Nombreux sont ceux qui reconnaissent aujourd’hui la nécessité de services publics pour traiter la crise sanitaire, de politiques publiques pour pallier les défaillances des économies privées, d’actions collectives et solidaires pour espérer continuer à vivre bien. Les déficits publics sont acceptés comme une nécessité vitale alors qu’ils étaient décriés, les valeurs hospitalières (dans tous les sens du terme) remises à l’ordre du jour, l’appel aux intelligences collectives bienvenues et non plus seulement la main mise de capitaux rentiers sur la vie commune. Mais cette reconnaissance va-t-elle survivre dans la crise générale qui vient? La coopération et la solidarité ont connu quelques accrocs, notamment en Europe. Les vieux réflexes de repli sur soi se sont manifestés, le confinement en étant d’ailleurs une expression matérielle, puisqu’il s’agit de se protéger soi-même avant de protéger les autres, bien que ce soit aussi le meilleur moyen de protéger les autres. Mais est-ce si facile de comprendre le deuxième terme de l’équation? Beaucoup pensent déjà à se suffire à eux-mêmes, en excluant les autres. C’est une pensée funeste.

Il faut absolument sortir du paradigme simpliste de Madame Thatcher : il n’y a pas de société (there is no such thing as society) et il n’y a pas d’alternative. (there is no alternative). La société existe (les sociétés devrait-on préciser) et il y a des alternatives. Et avec elles, une place pour la citoyenneté et la démocratie.

Le débat est ouvert, les luttes pour les promouvoir sont encore et toujours essentielles. Rien ne viendra naturellement.

Car nous le savons aujourd’hui : le futur ne vaut que par notre présent.

Bernard Wolfer
Directeur de Recherche honoraire de l’INRAE
Président du Cercle Condorcet de Paris

Avril 2020

« Histoire et Mémoire » Une plateforme collaboratrice de la Ligue

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Mouvement d’éducation populaire de plus de 150 ans, la Ligue de l’enseignement dispose d’un riche patrimoine historique. En permanence revendiqué et réinterrogé à la lumière de son actualité, ce patrimoine montre nos combats et nos liens avec la République. Depuis le Congrès de Strasbourg (2016), notre mouvement valorise notre histoire par la production d’outils pédagogiques et de décryptages. La plateforme « Histoire et mémoire » regroupe et valorise l’ensemble de ces ressources pour permettre leur partage auprès des responsables associatifs, des élus, des bénévoles, des volontaires en service civique et des salariés. Cinq champs d’activités ont été retenus: •Éducation •Culture •Vacances •Sport •Laïcité

Des archives audiovisuelles, textuelles, sonores, complètent et illustrent les différents combats et actions menés. Elles sont, en général, téléchargeables et contextualisées, et peuvent donc être réutilisées sur vos supports de communication. Ainsi, (re)découvrez l’histoire des colonies de vacances, des lendits, du Serment de Vincennes et de bien d’autres encore ! Devenez contributeur! Vous avez des documents à transmettre ? Ou une histoire à raconter ? Vous souhaitez participer à cette aventure, au récit de cette longue et riche vie associative ? Alors soumettez vos propositions directement sur le site, dans la partie « devenir contributeur » ou écrivez-nous ! Contact : Flora Fiszlewicz  ffiszlewicz@laligue.org 01 43 58 97 42

Cannes 1939: le retour d’un festival

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 Jean Zay, ministre de l’Education nationale, annonce le 7 juillet 1939 au monde, dans les locaux de son ministère de que la France organisera un Festival international du film. Il s’agit de concurrencer la Mostra, le Festival de Venise lancé en 1932, qui connaît un grand succès mais est instrumentalisé par le régime fasciste de Mussolini. Le festival prévu par Jean Zay devait se dérouler à Cannes du 1er au 9 septembre 1939. Quelques jours après l’annonce publique, les huit patrons des majors (Metro Goldwyn Mayer, Warner, United Artisted, RKO, Twenty Century Fox, Universal, Paramount, Columbia) informent Jean Zay du soutien total d’Hollywood : les Majors viendront avec une sélection officielle de leur meilleure production de l’année et avec leurs plus grandes vedettes. Ce soutien confirmé, les organisateurs du Festival reçoivent l’inscription de quinze nations et la presse du monde entier commence à relater cette manifestation. Né pour la liberté, le Festival de Cannes, reporté puis annulé par la guerre. Il renaîtra après la Libération et deviendra le célèbre Festival de Cannes. Une petite équipe de militants de l’éducation populaire a entrepris de faire revivre ce festival en présentant, suivant le principe des cinés-clubs, une quinzaine des 30 films prévus en 1939. Ce cycle se déroule à Paris du 1° au 7 mai, au cinéma le Saint André des Arts 30, rue Saint André des Arts et 12 rue Gît-le-Coeur dans le 6° arrondissement. Contact: 01 43 26 48 48

Retrouvez le programme intégral sur le blog du Cercle Condorcet-Viollette d’Eure-et-Loir

1963, la Ligue soutient les mineurs en grève, Sur France 5

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En mars 1963, les mineurs se mettent en grève et la solidarité avec eux est rapide et générale. De nombreuses associations comme la Ligue mais aussi des syndicats appellent à l’accueil dans des familles des enfants de grévistes. Plus de 23 000 seront accueillis dans toute la France. Une grève « dure » La grève générale des mineurs des Charbonnages de France commence le 1er mars et s’achève le 5 avril 1963. Elle a comme revendication principale le rattrapage du retard des salaires sur ceux de l’industrie privée. L’Etat croit pouvoir éteindre rapidement le mouvement. Mais les mineurs, pourtant réquisitionnés, ne cèdent pas et vont même bénéficier d’un soutien quasi unanime de la Nation. Une solidarité exemplaire En quelques semaines la solidarité s’organise et elle prend des formes multiples. D’abord les agriculteurs et les commerçants offrent des denrées aux familles de mineurs. Puis partis de gauche et syndicats se mobilisent. Le 10 avril, la CGT-spectacle organise un gala de solidarité à l’Alhambra de Paris, avec le soutien de personnalités comme Jean Vilar et Michel Simon. Les associations ne sont pas en reste dans cette mobilisation solidaire. Le Secours Populaire est très actif, et la Ligue de l’enseignement également. La Ligue en première ligne Avec l’aide du syndicat des enseignants, la Ligue va lancer un appel pour accueillir les enfants de mineurs dans des familles.

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Présentation des Cercles, par Michel Cabirol

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Michel Cabirol, président du Comité de liaison des Cercles Condorcet, propose dans ce texte une présentation générale des Cercles, de leur fondation, du choix de se placer sous l’égide d’un des grands auteurs ayant illustré les Lumières, des projets et des réalisations en cours. Il affirme « Les Cercles Condorcet continuent d’essayer d’éclairer les citoyens grâce au dévouement de leurs responsables et l’appui de la Ligue. Ils connaissent actuellement un fort développement qui peut nous rendre plus optimistes quant à l’issue de nos combats en faveur de la laïcité, de l’éducation et de la démocratie ».

Une religion de la laïcité ?

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La laïcité est-elle un substitut de religion ? Les laïques sont-ils antiféministes ? Les féministes sont-elles racistes ? Le dernier livre de Joan Wallach Scott met en avant ces affirmations sous l’habillage d’un discours « post-colonial ». Une lecture attentive permet de déconstruire ces affirmations habilement insérées dans un texte qui n’est pas dénué d’intérêt. Mais ses outrances et ses non dits permettent d’identifier une idéologie dangereuse…

Nécessité d’un nouveau paradigme économique, social, environnemental et culturel /

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L’année 2019 s’ouvre sur des perspectives maussades tant sur le plan économique (ralentissement de la croissance, chute des bourses, restriction graduelle des politiques accommodantes des banques centrales, tensions commerciales notamment entre les USA et la Chine) que politique (Brexit, Madame Merkel est fragilisée par la montée de l’extrême droite et elle paye sa politique généreuse vis-à-vis des réfugiés, absence de vision à moyen ou long terme des gouvernements, repli des pays sur eux-mêmes, croissance des atteintes à la démocratie, …). La France est marquée par la révolte des « gilets jaunes » qui semble prendre tous les corps constitués de court mais qui a obtenu sous forme de concessions du gouvernement beaucoup plus que les syndicats avec de nombreuses manifestations (contre la réforme du code du travail ou de la SNCF). L’Europe semble en danger avec de prochaines élections aux résultats incertains, la démocratie aussi. Comment sommes-nous arrivés à cette situation ?
Une analyse de Michel Cabirol, président du Comité de liaison des Cercles Condorcet.

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Actes des rencontres « Les fausses nouvelles »

Mis en ligne le Posted on par Pierre MIELE

Aboutissement des Rencontres régionales de la laïcité (Auvergne Rhône Alpes) organisées à Clermont-Fd en mars 2018 par le Cercle Condorcet et la Ligue de l’Enseignement, en partenariat avec le Centre d’histoire Espaces et Cultures (CHEC), sur le thème des fausses nouvelles, les actes des rencontres sont publiés aux Presses Universitaires Blaise Pascal.

L’ouvrage, dirigé par Philippe Bourdin et Stéphane Le Bras, professeurs au CHEC, réunit les contributions des intervenants de la table ronde du vendredi 23 mars consacrée aux « fake news » comme arme politique aux Etats-Unis, en Russie et en France dans l’actualité récente, celles de la journée d’étude du 24 mars où sont présentés des exemples historiques depuis l’époque médiévale en France, celle d’Eric Favey, président de la Ligue sur l’importance et l’urgence de la formation des jeunes à l’exercice de l’esprit critique, notamment dans l’usage des medias.

 

 

En vente dans toutes les bonnes librairies et sur commande aux PUBP.

Voir en complément, sur le site du Cercle Condorcet de Clermont-Fd, le dossier consacré aux Rencontres régionales Auvergne Rhône Alpes de mars 2018, sur le thème des fausses nouvelles :

–> le dossier